Bénin : retour triomphal d’un “VIL INDIVIDU” dans l’arène politique

Élevé aux pavois un jour de mars 2006, dix (10) années durant, il avait régné sur la scène politique du Bénin; et avec son alliance, FCBE, imposé une hégémonie totale sur l’échiquier politique national.

C’est pourtant en homme désavoué, hué, conspué par les électeurs qu’il perdit la face; et son poulain Lionel ZINSOU, taxé de Yovo, défait dans l’entre-deux-tours d’une élection où le rêve de <<Rupture>> se fut imposé, face à la promesse de <<Continuité>>.

Mais ce 10 février, c’est un Yayi tout l’air héroïque qui soulève les foules et la poussière, ici, sur la terre des Koburu, à quelques encablures de la place Bio Guéra, dans cette arène de fortune noire de monde, et pleine comme un œuf.

Combien étaient-ils ce jour de militants, de sympathisants, de curieux, de nostalgiques venus accueillir l’ancien président ?

Des milliers? Assurément.
Des dizaines de milliers ? Peut-être ; tant la foule était débordante que chaque millimètre devait se conquérir au prix d’une rude bataille debout, sous le soleil ardent dont les brûlures semblaient être subitement devenus de doux câlins.

Le Congrès des FCBE soulève les passions. Dans la foule qui se masse et pousse des cris hystériques, l’on pouvait distinguer les voix d’une horde de femmes déchaînées, déterminées à défier le cordon sécuritaire : << Laissez-nous le toucher de nos doigts: c’est notre mari>>.

Incapables de se frayer un chemin jusqu’au podium lui-même pris d’assaut par l’assistance, les artistes venus nombreux durent se faire prier pour sursoir à leur passage, au bénéfice des motions de soutien.

Dix-sept (17) mois après la malheureuse promenade sur Tourou, un << vil individu>>, comme aurait dit un ministre frais émoulu, entre dans Parakou et fait tressaillir la ville d’émotion. Les temps changent.

Vêtu d’un boubou blanc, l’homme a l’air frais, une apparence qui tranche avec l’idée qu’on aurait pu se faire d’un “vieux” retraité qui tutoie les soixante-dix ans; un lifting réussi qui rehausse l’éclat de son teint.

Aujourd’hui, il est patient. Il écoute. Il boit les interventions. À tour de rôle, les représentants de Sébastien AJAVON, de Léhady et Nicéphore SOGLO, du Réseau ATAO, du PLP, du FSP, du PCB, du PSD, et même du PRD ( dans un discours d’équilibriste), et les députés de l’Alliance Soleil Issa SALIFOU et Amadou ISSIFOU passent à la tribune et dégainent sans ménagement.

Le régime dit de la Rupture subit un violent coup de fouets, et l’on voit en filigrane, se dresser en ordre de bataille, une troupe déterminée à démolir et dépecer en 2019 la machine rupturienne, l’inhumer en 2020, et passer aux obsèques en 2021.

Les vieux loups, pour l’occasion, marquent leur territoire. Mais il n’a pu échapper à personne que le renouvellement de la classe politique s’invite dans le débat, et en l’absence remarquée de *Komi KOUTCHÉ*, perçu un moment, comme l’héritier testamentaire de Boni YAYI, le ton aura été donné par le discours audacieux et musclé, très apprécié et ovationné de *Cécil ADJÉVI* au nom du PLP, devant une assistance, qui pour une fois, en redemandait d’un discours pourtant long: Bissez! Bissez!

La seule surprise n’aura pourtant pas été la faculté de mobilisation autour de Boni YAYI. L’Homme lui-même surprend, par un discours d’une inattendue sagesse qui apaise, et même <<chérit>> par moments, en de doux mots, son successeur, au point d’agacer un public manifestement en colère contre un pouvoir qui est dit semer la ruine et le désarroi.

En venant à Parakou, le << *vil individu*>> d’un jour d’août 2016 avait-il exprès revêtu son boubou, blanc comme la neige, pour rappeler son allégorie sur le boubou blanc à ceux qui auront pris hier le pari de salir d’huile rouge le boubou qu’ils rêvaient de porter à leur tour?

Du moins, laisse à penser son propos mesuré, apparemment respectueux de l’institution, au point d’avoir appelé Dieu << à bénir le gouvernement et son Chef>>.

Dans quelques heures, le suspense sera levé sur les résolutions de ce congrès des FCBE, et le brave AZATASSOU dont tout le monde convient du désintéressement, passera le témoin.

Il aura eu le mérite de la fidélité, d’ailleurs saluée par le leader CAURIS.

Il semble que face aux enjeux futurs, un changement de cap s’imposait ; et en l’absence sûrement stratégique du plus redouté des “enfants” de YAYI, Komi KOUTCHÉ, pour ne pas le nommer, l’Honorable DJÈNONTIN, très discret ici à Parakou pourrait emprunter à AZA-TASSOU, son couvre-chef.

Constantin AMOUSSOU

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