Au moins 18 sans-abri sont morts en Île-de-France depuis le 1er janvier

Au moins 11 personnes sans-abri sont décédées à Paris depuis le 1er janvier. D’après la liste, non exhaustive, du collectif Les Morts de la Rue (CMDR), 18 ont perdu la vie dans toute la région Île-de-France. Un bilan, qui ne comptabilise que les décès signalés à l’association et rappelle la «vulnérabilité» des personnes à la rue.

Dans la nuit de dimanche à lundi, une femme de 52 ans qui dormait sur le trottoir rue La Fayette est décédée des suites d’une crise cardiaque, dans le IXe arrondissement. C’est un passant qui a retrouvé son corps, d’après Le Parisien. Quelques jours auparavant, c’était Josef, 54 ans, qui mourait dans le XIVe arrondissement et Suzanne, 63 ans dans l’arrondissement voisin, le XVe. En 2017, 16 personnes avaient perdu la vie en Île-de-France à la même période, entre le 1er janvier et le 12 février. À l’échelle nationale, 37 sans-abri sont décédés depuis le début d’année. Une répartition qui témoigne de l’importance du nombre de SDF en Île-de-France.

Une situation «pas acceptable et pas soutenable» d’après Jean-Christophe Combe, directeur général de la Croix-Rouge, contacté par téléphone. Il rappelle que les causes de décès sont multiples: «Hypothermie, maladie chronique, addiction…» De son côté, le collectif précise que l’espérance de vie d’un homme passe de 79 à 49 ans lorsqu’il est sans-abri. Des morts parfois liées au froid mais pas seulement, d’après Cécile Rocca, coordinatrice du collectif: «Le décès peut aussi être causé par un suicide, un accident ou une agression», affirme-t-elle au Figaro.

S’il est difficile de faire une estimation complète du nombre de SDF qui décèdent tous les ans, Jean-Christophe Combe avance le nombre d’environ «500 sans-abri» qui perdent la vie chaque année en France. Pour leur rendre hommage, Les Morts de la Rue organisent donc chaque année un rassemblement, le 4 avril, durant lequel sont cités les noms de chaque disparu.

Polémique autour du nombre de SDF à Paris

La préfecture assure de son côté mettre tout en œuvre pour accueillir le plus grand nombre de personnes au chaud. Déclenché depuis le 5 février en Île-de-France, le plan Grand froid a débloqué 1.691 places d’hébergement supplémentaires dans la région, dont 977 à Paris. Un accueil qui s’accompagne d’une «évaluation sociale et d’une orientation vers des solutions adaptées à sa situation». Elles s’ajoutent aux 3.682 lits déjà disponibles habituellement pour la période hivernale. Dans un communiqué, la préfecture certifie que le dispositif permet à environ 103.000 personnes de bénéficier d’un hébergement en Île-de-France chaque nuit.

Le nombre de personnes dormant dans la rue actuellement fait débat entre gouvernement et associations. Jeudi, environ 1.800 bénévoles et associatifs vont quadriller les rues de la capitale lors d’une «Nuit de la solidarité» pour proposer un chiffre plus proche des réalités. Philippe Goujon, maire LR du XVe arrondissement, considère que ce comptage a été «monté dans la précipitation» et a donc demandé son report, lundi. Il critique également l’absence de l’État dans l’organisation de l’événement. Jean-Christophe Combe estime que cette manifestation permettra de «sensibiliser chaque citoyen aux sans-abri de son quartier» mais que «ça ne les aidera pas à sortir de la rue».

 

Source: Lefigaro

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