Etats-Unis : Carlton Gary, le “tueur aux collants” exécuté par injection létale

Parmi les 50 états que comptent les USA, 30 pratiquent encore la peine de mort.

Détenu à la prison d’Etat de Jackson en Géorgie (Etats-Unis), Carlton Gary, 67 ans, est arrivé dans la salle d’exécution attaché sur une civière. Les yeux clos, il n’a pas souhaité faire de déclaration. Il n’a pas souhaité non plus réciter une prière. L’injection létale à base de barbituriques lui a été administrée à 22h17, ce jeudi. Carlton a repris plusieurs fois sa respiration, a émis un long bâillement puis s’est endormi. Sa mort est survenue moins d’un quart d’heure plus tard.

Cette exécution a beau être la première de l’année en Géorgie, celle-ci suscite évidemment des controverses. Cela faisait plus de 30 ans que ce prisonnier attendait dans le couloir de la mort. Avec ses avocats, il avait tenté d’innombrables recours pour éviter d’en arriver là.  Mais la justice américaine en aura décidé autrement.

Carlton Gary n’avait pourtant rien d’un enfant de choeur. En 1986, ce petit malfrat déjà inculpé pour vols et consommation de stupéfiants, a été reconnu coupable des meurtres de Florence Scheible, 89 ans, Martha Thurmond, 69 ans, et Kathleen Woodruff, 74 ans. Toutes ces femmes ont été passées à tabac, violées et étranglées en 1977, à leur domicile de Colombus, en Géorgie. À la même période, dans la même ville, six autres femmes d’âge mûr ont été attaquées au cours de cambriolages dans des circonstances similaires. Parmi elles, quatre ont perdu la vie.

Même si les deux survivantes – agressées dans l’obscurité – n’ont jamais pu formellement identifier Carlton, les empreintes digitales retrouvées sur place et le mode opératoire des crimes (la plupart des  victimes ont été étranglées avec leurs propres bas ) ont fini par étoffer la conviction des procureurs.

Au milieu des années 1980, la condamnation à mort de Carlton Gary n’avait donc pas choqué grand monde de l’autre côté de l’Atlantique. Aujourd’hui, cependant, tout est différent.

Six des victimes présumées de Carlton Gary ©Chamblee 54

Surnommé “le tueur aux collants” par la presse, Carlton Gary a en effet clamé son innocence jusqu’à sa mort. Il prétendait que la police locale, “une bande de racistes”, avait elle-même signé ses aveux. Avec ses avocats, il a ainsi émis des dizaines de recours auprès de tribunaux d’Etat et fédéraux, arguant notamment que les méthodes scientifiques modernes pourraient aujourd’hui l’innocenter. Tout cela en vain.

Mercredi dernier, l’administration a rétorqué que toutes les “preuves” présentées par les avocats de Gary avaient été déjà examinées. Au cours d’une séance à huis-clos, le Conseil d’Etat des grâces et des libérations conditionnelles de Géorgie – seule autorité qui pouvait encore lui éviter la peine capitale – a rendu sa décision : il était hors de question pour elle de l’épargner.

Carlton Gary est mort ce 15 mars 2018.

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