Cameroun: Deux militaires tués dans l’explosion d’une mine

Deux militaires camerounais sont morts et quatre ont été gravement blessés vendredi dans l’explosion d’une mine en zone anglophone, région en proie à des violences entre séparatistes et pouvoir central de Yaoundé.

“Un véhicule de l’armée camerounaise a sauté sur une mine” vendredi matin à Eyumedjock, ville de la région anglophone du Sud-Ouest, proche de la frontière nigériane, faisant “deux morts et quatre blessés graves”, a indiqué une source sécuritaire à l’AFP sous couvert d’anonymat.

La ville d’Eyumedjock est située sur la route entre Mamfe (chef-lieu du département du Manyu) et Ekok, “dans une zone épicentre des violences dans la région du Sud-Ouest anglophone”, a ajouté cette même source.

Depuis fin 2017, les séparatistes anglophones ont tué 30 membres des forces de sécurité, selon une compilation de l’AFP établie sur la base des déclarations officielles et incluant les deux morts de ce vendredi. D’autres observateurs à Yaoundé évoquent un bilan plus élevé.

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest regroupent les habitants anglophones du Cameroun, soit 20% de la population. Elles sont secouées depuis plus d’un an par une profonde crise socio-politique, qui s’est peu à peu muée en un conflit armé de basse intensité.

Les séparatistes, en lutte pour l’indépendance du Cameroun anglophone, ont demandé aux représentants de Yaoundé ainsi qu’aux forces de sécurité de quitter leur territoire, les qualifiant de “forces d’occupation”.

Depuis trois mois, les groupes séparatistes armés y multiplient les actions violentes contre des symboles de l’Etat (attaques de gendarmerie, enlèvements de fonctionnaires, accrochages avec l’armée).

A mesure que la crise évolue, de nouveaux groupes séparatistes apparaissent, arborant sur les réseaux sociaux armes et drapeau de l'”Ambazonie”, du nom de l’Etat qu’ils veulent créer.

Prises entre deux feux, les populations des deux régions anglophones du Cameroun font face à des besoins humanitaires grandissants dans des zones très difficiles d’accès pour les ONG, selon les humanitaires.

Avec AFP

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