Togo : pouvoir et opposition ravivent la crise politique

Au Togo, le gouvernement a imposé de nouveaux itinéraires à l’opposition pour ses marches de contestation prévues mercredi et samedi, mais celle-ci les a rejetés, laissant présager de nouvelles tensions dans le pays.

Il s’agit des itinéraires jusqu’ici autorisés par le gouvernement et sur lesquels se tiennent, depuis près de sept mois, les marches de la coalition de 14 partis de l’opposition, qui drainent des milliers de personnes dans les rues de Lomé.

En outre, le gouvernement a avancé “des raisons de sécutité” pour interdire les mêmes manifestations projetées par la Coalition dans les villes de Sokodé, Bafilo et Dapaong, à l’intérieur du pays.

Les autorités togolaises ont justifié ce changement d’itinéraire, essentiellement à Lomé, par les “plaintes des riverains liées à la gêne que causent les manifestations”.

“Ces plaintes constituant un risque grave de troubles à l’ordre public, le gouvernement vous confirme que les manifestations sur tous les anciens itinéraires empruntés par la Coalition ne sont plus acceptées”, a précisé le ministre de l’Administration territoriale, Bayadowa Boukpessi dans une correspondance adressée à la Coalition, qui n’entend pas se conformer aux nouvelles décisions.

Le gouvernement a indiqué qu’il “déplore la persistance de la volonté de la Coalition de violer les mesures prises par le facilitateur en prévoyant de manifester à nouveau pour des questions qui sont en cours de discussion au sein du dialogue inter-togolais”.

Il prend acte de “cette attitude regrettable et en tire toutes les conséquences qui s’imposent”, d’après la correspondance.

Le 14 avril dernier, le chef d’Etat du Ghana Nana Akufo-Addo et son homologue guinéen Alpha Condé ont été désignés facilitateurs de la recherche d’une solution à la crise togolaise, au terme d’un sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui s’est tenu à Lomé.

Le sommet extraordinaire s’était tenu dans un contexte d’affrontements entre forces de l’ordre et militants de l’opposition pour cause d’organisation de manifestations politiques non autorisées par le gouvernement.

Depuis février dernier, sous les auspices de Nana Akufo-Addo, qui suit de bout en bout les travaux, le pouvoir et la Coalition ont entamé un dialogue inter-togolais, interrompu trois fois depuis.

Le pouvoir et la Coalition se tiraillent sur des réformes constitutionnelles, notamment la limitation du mandat présidentiel et l’exigence du départ immédiat du chef de l’Etat Faure Gnassingbé, dont le mandat court jusqu’à 2020.

Les chefs d’Etat de la sous-région ont pesé de leur poids, via plusieurs missions de bons offices, pour amener les principaux protagonistes de la crise togolaise à entamer un dialogue pour une sortie de crise pacifique.

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