L’ADN, cette arme qui a permis de résoudre l’énigme de “l’inconnue du TGV”, retrouvée décapitée en 2011

28/06/18 – Villebon-sur-Yvette.
Les enquêteurs ont fait preuve de beaucoup de persévérance avant de mettre un nom sur le cadavre d’une femme, découvert en 2011, dans d’Essonne. Mais aujourd’hui, son assassin présumé dort en prison.

Sans mains, ni tête, elle gisait en bordure de la voie TGV. Ce 10 décembre 2011, date de la découverte de ce cadavre calciné à Villebon-sur-Yvette (Essonne), les enquêteurs comprennent vite que cette énigme macabre va leur donner du fil à retordre. Pas de dentition, pas d’empreintes digitales à analyser… Ajoutez à cela un ADN inconnu des fichiers. Ils auraient pu laisser tomber, ranger l’affaire au placard et ne jamais retrouver l’identité de cette femme, atrocement assassinée. Mais c’était sans compter leur persévérance.

À la fin de l’année 2017, de nouvelles expertises sont en effet réalisées sur les scellés. Notamment, sur un sac qui se trouvait à proximité de la victime. Là, bonne surprise : une empreinte digitale est isolée. Les enquêteurs découvrent qu’elle matche avec un homme déjà connu pour des faits d’outrages, de rébellions et des délits routiers. Plus suspect encore, sur le terrain, ils se rendent compte également que son épouse n’a plus donné signe de vie depuis des années et qu’il n’a jamais daigné signaler sa disparition. Bizarre…

Lors des premières expertises, des traces de sécrétions masculines avaient aussi été extraites des parties intimes de la défunte. Là encore, en 2017, l’ADN finit par parler : ces traces sont celles d’un autre homme.

En avril dernier, ces deux individus suspects ont finalement été entendus. C’est ainsi que les enquêteurs ont pu percer ce mystère vieux de presque 7 ans…

Aujourd’hui, nous en avons la confirmation, la défunte décapitée et calcinée de Villebon n’est plus une inconnue. Non, cette femme s’appelait Souad Boubou.

Âgée de 40 ans, cette Marocaine était installée depuis plusieurs années dans le Val-de-Marne. En octobre 2011, son mari avait été placé en garde à vue après l’avoir frappée devant plusieurs témoins dans une rue de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). C’était deux mois seulement avant qu’on ne retrouve son cadavre.

L’autre homme entendu en avril dernier était en fait son amant. Lors de son audition, il a reconnu l’avoir fréquentée dès 2009 mais après 2011, il ne l’a plus jamais revue. Pour l’heure, cet individu n’est pas mis directement en cause dans cette affaire mais les enquêteurs pensent en revanche qu’il pourrait être le mobile de l’assassinat de Souad. Il n’est pas fou en effet d’imaginer que le mari jaloux et violent de Souad ait voulu faire payer à sa femme toutes ses infidélités…

Alors qu’il est aujourd’hui placé en détention provisoire, ce dernier (qui est père de deux enfants nés d’une précédente union) clame son innocence. Ses avocats Lee Takhedmit et Amaury Auzou parlent même de “caricature judiciaire”. De son côté, l’instruction qui a réalisé plus de 3000 actes au cours de cette affaire, n’est probablement pas de cet avis.

En 2013, une plaque avait été posée par la municipalité de Villebon en la mémoire de celle que l’on surnommait alors “L’inconnue du TGV”. “Puisse son éternité être plus belle que sa mort”,pouvait-on lire sur son épitaphe.

Aujourd’hui, nous le savons, cette femme massacrée, décapitée et brûlée n’est plus une inconnue : elle s’appelait Souad…

 

Source: Le Nouveau Détective

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