Football: l’équipe de France est-elle Mbappé-dépendante ?

MATCH AMICAL – Peu inspirés devant le public de Guingamp face à l’Islande, jeudi soir, les champions du monde s’en sont remis à un certain Kylian Mbappé pour éviter la défaite. Le Parisien est en train de prendre une tout autre dimension chez les Bleus trois mois après le sacre lors du Mondial.

Le jeu : Les Bleus ont dormi debout

Les Bleus ont ronronné. Dans un stade du Roudourou heureux de voir les champions du monde en action mais en mode opéra au niveau de l’animation, les hommes de Didier Deschamps ont offert un festival de domination stérile. Et une bonne grosse bouillie de football sans idée directrice. Pendant 94 minutes, il y a eu des initiatives, mais des initiatives jamais réalisées dans le bon tempo. Sans intensité, un peu facile par moment, cette équipe de France a été loin de l’image positive montrée en septembre. Le mot amical a été pris un peu trop au pied de la lettre.

La lecture de cette rencontre amicale va rester complexe. Soit on retiendra cette réaction tardive, soit la prestation d’ensemble manquée. Mais on gagne ensemble, on perd ensemble. Et on fait match nul ensemble. Sur courant alternatif, les Bleus ont sorti leur prestation la plus prévisible depuis le premier tour du dernier Mondial. Les constructions des séquences, elles, sont restées trop simples et lisibles pour bouger un collectif adverse très regroupé, mais bien regroupé. Pour disloquer ce bloc de vikings, il fallait en faire plus. Ce que les Bleus, restés dans leur zone de confort, ont tardé à faire. La seconde période, très neutre, a été un parfait symbole de cette impuissance chronique. L’armure de l’Islande s’est quand même fendue.

C’est principalement dans les duels que les Bleus n’ont pas montré un beau visage. Souvent battus dans les airs, un déficit qui leur a coûté le deuxième but, bousculés physiquement, ils n’ont jamais donné l’impression d’être les patrons de cette rencontre. Puis les changements ont peu à peu donné un autre visage. Les entrées de Tanguy Ndombele, Thomas Lemar, Dimitri Payet et surtout Kylian Mbappé ont réanimé la troupe à Deschamps en fin de rencontre et apporté un peu plus de dynamisme. Pour gagner, il faut bouger. Les Bleus ont récité un football trop scolaire.

Antoine Griezmann et Paul Pogba lors de France-Islande

Antoine Griezmann et Paul Pogba lors de France-IslandeGetty Images

Les joueurs : Thauvin et Dembélé très perfectibles, Kimpembe frustré

Attendus au tournant, les champions du monde “remplaçants” n’ont pas offert le rendement attendu. Sur les côtés, Ousmane Dembélé et Florian Thauvin ont apporté du dynamisme, de l’envie, mais leurs copies ont été gâchées par énormément de déchet. Dembélé a montré de l’audace, mais aussi les petits défauts qui parasitent encore son jeu, notamment sur sa faculté à lâcher le ballon au bon moment dans les zones dangereuses.

Titularisé pour la première fois chez les Bleus, Thauvin a animé son aile droite, s’est pas mal proposé, mais a fait preuve d’une forte maladresse devant le but. Tendu pour cette première, le Marseillais a eu le mérite de tenter. Au lieu de le condamner, il faudra le revoir dans un autre contexte pour lui et les Bleus. Derrière, Presnel Kimpembe a sorti une prestation solide dans l’ensemble, comme souvent. Mais il perdu le ballon qui amène au premier but, avant d’être largement battu dans les airs sur le deuxième. Un match frustrant pour le stoppeur.

Le facteur X : Mbappé en mode grenade

L’homme qui a tout changé se nomme Kylian Mbappé. L’attaquant du Paris Saint-Germain, entré à l’heure de jeu à la place d’Antoine Griezmann et préservé par Deschamps après une alerte à la cuisse, a mis un certain temps à lancer la machine. Puis la grenade a explosé dans les dix dernières minutes. Avec le résultat que l’on connaît : l’attaquant a été directement impliqué sur le but contre son camp d’Hólmar Örn Eyjólfsson (86e), avant de transformer le penalty pour le 2-2 (90e). Insaisissable pour la défense adverse, imprévisible balle au pied lors de ce dernier quart d’heure, Mbappé est devenu plus que dangereux, il est devenu léthal.

Kylian Mbappé lors de France-Islande

Kylian Mbappé lors de France-IslandeGetty Images

La stat : 10

Kylian Mbappé est devenu le premier joueur de l’histoire de l’équipe de France à atteindre la barre des dix buts avant ses 20 ans. Le Parisien a marqué ses 10 buts en 25 sélections.

La décla : Lucas Digne

” On a su réagir et l’entrée de Kylian Mbappé nous a beaucoup aidés. Il est sur les deux buts. Quand on a un joueur de cette qualité là dans l’effectif, c’est considérable. Il apporte énormément et on sait qu’il est capable de faire la différence à tout moment. C’est un atout indéniable et c’est incroyable de pouvoir compter sur lui.”

La question : l’équipe de France est-elle Mbappé-dépendante ?

C’est la question que tout le monde se pose. C’est surtout une question diablement compliquée : Kylian Mbappé est-il devenu indispensable aux Bleus, au point même que ces derniers soient devenus dépendants de son rendement ? Son entrée en jeu en mode diesel sur la pelouse du Roudourou a eu des effets tardifs, mais elle a fonctionné de manière spectaculaire. La tendance serait donc un : “oui”.

Son apport technique a d’ailleurs été énorme au niveau des courses, de la mobilité. C’est par lui que le jeu des Tricolore s’est toujours dirigé. Si les Bleus ne manquent pas de joueurs avec les qualités exposées (vitesse, technique), le buteur du PSG fait tout mieux que les autres. Et peu importe qu’il y ait eu du déchet. Cela fait partie du poste. Ce match, c’est aussi une réplique miniature de son carton face à l’OL en championnat. Une mise en bouche, puis un festival. Kylian Mbappé c’est Roger Federer : il a créé un monstre.

Kylian Mbappé lors de France-Islande
Source: Eurosport
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