Bénin: Message de Lehady Vinagnon Soglo aux Militants de la RB

Chers militantes et militants,
J’exprime par ce canal tout mon bonheur de vous savoir aussi nombreux à notre rencontre de ce soir, consacrée à la situation politique de notre pays. J’aurais pu être à vos côtés comme nous en avions pris l’habitude depuis des années si notre pays n’était pas ce qu’il est hélas devenu aujourd’hui.
Jadis, pays de liberté et de démocratie après l’historique conférence des forces vives de la nation, nous voici basculés progressivement dans un état policier depuis l’avènement du régime dit de la rupture. Je ne suis pas des vôtres ce soir physiquement parce que la Justice et l’Etat de droit, victimes de la brutalité, de l’arrogance, de la violence et de l’intolérance en ont décidé autrement.

Je serais donc resté sur place avec vous si je n’avais pas été victime par deux fois d’un déni de justice ; une première fois lors de la tentative de destruction de notre Parti et une deuxième fois après ma révocation illégale du poste de maire élu de Cotonou. En effet des traîtres ont choisi de vendre notre parti au pouvoir de la Rupture. Notre crime, c’est de n’avoir pas soutenu la candidature de M. Patrice Talon à la présidentielle de 2016. Pour cela le Parti doit être cassé et rayé de l’échiquier politique national. Ils sont d’ailleurs parvenus à faire disparaître notre groupe parlementaire de l’hémicycle pour la première fois depuis 1995. Votre président devrait subir des mesures de rétorsion et de représailles surtout que je me suis opposé aux déguerpissements brutaux des vendeuses et vendeurs de rue sans aucune humanité et sans mesures compensatoires.

Les événements du 28 Juillet 2017, m’ont définitivement convaincu des intentions liberticides des princes de la rupture lorsque j’ai failli me faire enlever en plein jour à mon domicile par une horde d’hommes lourdement armés, sans qu’aucune enquête judiciaire ne soit préalablement ouverte contre moi et qu’aucune convocation ne m’ait été adressée par la police. Et lorsqu’on observe la terreur imposée aux députés, aux avocats, aux magistrats, aux journalistes, aux responsables politiques et autres citoyens dont les opinions sont contraires à celles du chef de l’Etat, je suis conforté dans ma décision de partir momentanément.

Chers militantes et militants,
Je profite pour vous réaffirmer ici et solennellement qu’il n’y a aucune vérité dans les dénigrements que le régime et sa presse ventilent sur ma personne dans l’opinion. Les milliards prétendument volés à la mairie de Cotonou sont le fruit d’une imagination du mal. Conformément à l’article 46 de la loi 98-007 du 15 Janvier 1999 portant régime financier des communes en république du bénin « la fonction de comptable de la commune est assurée par un comptable du trésor nommé par le Ministre des Finances. Il est le receveur-percepteur de la commune et le conseiller financier du Maire. En cette qualité, il tient la comptabilité des valeurs de la commune ».

Au regard de nos lois et règlements, il revient donc à ce comptable du trésor, nommé par le ministre des finances de confectionner le Compte de Gestion et de le présenter au contrôle juridictionnel de la Chambre des Comptes de la Cour Suprême. Dans ces conditions, comment des documents comptables dont je n’ai pas la garde pourraient être détruits, si ce n’est des affabulations. Au regard des faits incriminés et mes éléments de réponse fournis aux autorités centrales, ma responsabilité personnelle n’est nullement engagée car, tous les actes posés l’ont été, ès-qualité, en vertu des délibérations du conseil municipal dont le Maire que j’étais, tire sa légitimité conformément aux textes qui régissent la décentralisation dans notre pays. Plusieurs audits commandités par leurs propres soins à propos de ma gestion, m’ont disculpé à leur corps défendant.

J’ai répondu point par point aux dix (10) questions que le Préfet m’a posées, lors de l’audition organisée en prélude à ma révocation illégale. Vous pouvez consulter ces réponses dans une plaquette que j’ai réalisée à cet effet.
Les tentatives de faire saisir ou d’annuler mon passeport ordinaire prouvent à suffisance, qu’ils sont convaincus de mon innocence et qu’ils redoutent que je retourne au pays, une fois que les conditions d’un déblocage des différents dossiers judiciaires seront réunies. C’est d’ailleurs ce qui justifie la multiplication des procédures pénales dissuasives et de délivrance de mandats d’arrêt contre ma personne. C’est le lieu de féliciter et d’encourager les magistrats qui continuent de résister, malgré le climat de caporalisation des institutions et de la violence de toute sorte exercée sur eux.

Le climat politique de notre pays aujourd’hui a fini de briser le peu de prestige qui restait de notre modèle démocratique. Le plan d’affaires de la caste régnante a remplacé tous les plans de développement. Tout l’effort national doit servir à l’enrichissement et à la prospérité des entreprises du chef de l’Etat au détriment des intérêts du peuple qui croupît sous la misère. Et il se trouve des élus, des Députés donc, pour cautionner tout cela en jetant la représentation nationale au pied de leur maître. L’Assemblée Nationale est transformée en une machine de validation de tous les caprices du prince afin que toutes ses volontés soient transformées en loi de la République au risque de transgresser tous les principes fondamentaux de l’Etat de Droit et de la Démocratie. Ce n’est un secret pour personne que désormais le parlement est géré depuis la Présidence de la République. Il en est ainsi, hélas de la plupart des autres institutions désormais programmées pour accompagner tous les élans de domination et d’accaparement de la richesse nationale.

La destination « BENIN » n’attire plus grand monde et les projets peinent à trouver des partenaires au développement. Seule la voie de l’endettement à outrance, à travers les emprunts obligataires quasi trimestrielle, est disponible pour le régime qui a fait de notre pays la risée de la communauté internationale.

Chères militantes, chers militants,
Aujourd’hui plus qu’hier, nous avons des raisons de nous battre pour que ce pays demeure le havre de paix qu’il a toujours été. Nous allons leur démontrer qu’au-delà des responsables, les idéaux de notre Parti sont portés par chaque militante et chaque militant à quelque niveau qu’il se trouve. La justice finira par triompher sur l’imposture grâce à notre mobilisation de tous les instants. Qu’ils nous empoisonnent au glyphosate ; qu’ils nous imposent des taxes iniques pour assouvir les dépenses de prestige du chef de l’Etat ; qu’ils embastillent les jeunes qui organisent des meetings itinérants dans tout le pays ; qu’ils traquent tous les chefs de partis de l’opposition ; vous êtes là pour les sanctionner le moment venu. Le Bénin n’avait pas un propriétaire hier, il n’en aura pas aujourd’hui, ni demain.

Je ne suis pas un devin, mais je vous promets que vous serez tous là pour constater le sort que ce pouvoir dit de la rupture réservera notamment aux traîtres de notre valeureux Parti.

Vive la Renaissance du Bénin
La Seule, l’Unique, la Vraie et l’Authentique,
Vive le Bénin.

JE VOUS REMERCIE.

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