Espagne: l’extradition de Komi Koutché en passe d’être rejetée pour une libération pure et simple

L’EXTRADITION EN PASSE D’ÊTRE REJETÉE POUR UNE LIBÉRATION PURE ET SIMPLE

Conformément au mandat d’arrêt émis contre lui par les autorités béninoises dans l’affaire de la gestion de la structure de microcrédits dont il était le directeur général, l’ancien argentier de Boni Yayi a été interpellé avant-hier par la police espagnole des frontières.

Dans la logique du protocole, il devrait immédiatement être extradé sur Cotonou pour le bonheur des autorités béninoises. Seulement il se pose à ce niveau plusieurs autres questions qui vont certainement rendre impossible cette procédure et dans le meilleur des cas pour l’ancien ministre d’État, aboutir à une libération pure et simple.

En effet, à son interprétation à l’aéroport de Madrid, le béninois n’était plus porteur d’un titre de voyage béninois mais plutôt d’après les informations en notre possession, d’un passeport diplomatique togolais.

Ce qui implique des autorités policières espagnoles de se rapprocher des autorités togolaises pour, d’une part, procéder à la vérification de l’authenticité de ce document puis d’autre part, attendre d’elles qu’elles leur fassent parvenir un document dans le genre ordre de mission qui couvre totalement le ministre de Boni Yayi.

Si ce document est remis aux autorités madrilènes dans le temps, elles ne pourront que procéder à la libération pure et simple du Togolais Komi Koutché soit dit en passant, en mission pour son pays. Ce qui fera mordre la poussière à la requête béninoise.

Dans ce cas le président Talon n’aura qu’à faire pression sur son homologue togolais pour qu’il n’accède pas à cette demande madrilène. Or les relations Cotonou-Lomé ne sont pas au niveau où le président Talon puisse faire cette demande à Faure Essozimna Gnassingbé.

À cela il faudra ajouter les récents déboires de la plus puissante femme du palais de Lomé, ancienne collègue de Komi Koutché, sa soeur, notre compatriote Réckiyath Madougou.

L’autre paire de manche de l’impossibilité de cette extradition a trait à l’actuelle réputation de la justice béninoise à la suite de la réponse de la cour des droits de l’homme de Rabat par rapport au verdict de la Criet dans l’affaire de drogue contre Sébastien Ajavon.

Se basant sur cet aspect, les avocats américains de Komi Koutché en y ajoutant le fait que la commission qui a connu de l’audit de la structure du microcrédits ne l’a même pas écouté avant de déposer son rapport, vont balayer d’un revers de la main la qualité du mandat d’arrêt objet de l’interpellation de leur client.

À tout ceci il faudra ajouter les relations très solides du prévenu aux États-Unis et principalement auprès du roi du Maroc dont le pays avait depuis plus de deux ans accueilli cinq jours durant chaque mois le ministre d’État Komi Koutché pour une étude capitale dans le cadre d’un projet.

Tout ceci réuni, la requête de la partie béninoise n’a visiblement aucune chance d’aboutir à Madrid sauf survenance d’autres nouveautés de dernières heures.

Voilà en quelque sorte les premiers éléments recueillis à chaud dans cette affaire dite d’interpellation de Komi Koutché en Espagne .

Aboubakar Takou.

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