Bénin : deux touristes français et leur guide portés disparus au nord du pays

Les deux ressortissants français effectuaient un safari au nord du Bénin, près de la frontière burkinabée.

Deux touristes français en voyage au Bénin n’ont plus donné de signes de vie depuis mercredi. Selon l’agence Reuters, ces deux ressortissants et leur guide sont portés disparus alors qu’ils effectuaient un safari dans le parc national de la Pendjari, situé dans le nord du pays, près de la frontière avec le Burkina Faso.

« Ils sont partis en safari et ne sont pas revenus », a déclaré Fran Read, porte-parole d’African Parks, la société qui gère le safari. « Nous sommes en train d’enquêter, mais il n’y a aucune preuve qu’ils aient été kidnappés ». Au sein du ministère des Affaires étrangères à Paris une source a confirmé que « deux touristes français – ainsi que leur guide béninois […] n’ont pas regagné leur hôtel où ils étaient attendus mercredi soir ». Ils sont « recherchés activement avec le soutien des autorités béninoises », a précisé cette source. « Le Centre de crise et de soutien et notre ambassade sont mobilisés et en lien étroit avec les autorités locales ».

Le Bénin est considéré comme un îlot de stabilité en Afrique de l’Ouest, une région mouvementée, où opèrent de nombreux groupes djihadistes. Mais le chaos qui règne depuis 2012 au Mali s’est propagé depuis environ trois ans au Burkina Faso, confronté à une multiplication alarmante des attaques djihadistes sur son sol.

Une zone formellement déconseillée par le Quai d’Orsay

Le parc de la Pendjari, dans le nord du Bénin, prisé par les touristes pour sa faune sauvage, est frontalier de l’est du Burkina, dans une zone forestière et réputée poreuse. Ces derniers mois, plusieurs experts et sources sécuritaires prévenaient que le nord des pays côtiers de l’Atlantique comme le Togo et le Bénin étaient vulnérables face à la stratégie d’expansion et de multiplication des fronts adoptés par les groupes armés liés à Al-Qaïda et l’Etat islamique (EI).

Le 15 février, l’assassinat au Burkina Faso de quatre douaniers burkinabè et d’un prêtre espagnol qui revenait d’une réunion à Lomé, au Togo, peu après avoir passé la frontière, avait renforcé les craintes. Le président togolais Faure Gnassingbé a annoncé fin avril le démantèlement de plusieurs cellules terroristes sur son territoire, affirmant que « le contexte sécuritaire régional est marqué par une dégradation notable, sur fond de regain des attaques terroristes ».

« Compte tenu de la présence de groupes armés terroristes et du risque d’enlèvement, les déplacements à la frontière nord du Bénin sont formellement déconseillés », peut-on lire sur le site du Quai d’Orsay. Hormis ce dossier encore en suspens, il y actuellement une otage française connue dans le monde, dans cette même région sahélienne : la médecin humanitaire Sophie Pétronin, 73 ans, enlevée à Gao (nord Mali) le 24 décembre 2016 par des hommes armés.

ElitesPress avec AFP

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