Tennis: Injouable, Nadal n’a fait qu’une bouchée de Federer

ROLAND-GARROS – Rafael Nadal jouera sa 12e finale Porte d’Auteuil. Dans des conditions difficiles en raison de fortes rafales de vent, l’Espagnol a balayé Roger Federer en trois sets (6-3, 6-4, 6-2 en 2h25′) ce vendredi. En finale, dimanche, Nadal sera opposé au Serbe Novak Djokovic ou à l’Autrichien Dominic Thiem.

D’abord, on a envie de dire merci. Parce que revoir ces deux-là, à Roland, ou ailleurs fut un plaisir. Immense. Et éternel. Il faudrait bien s’en souvenir quand ce sera fini parce que les deux hommes auront rangé leurs raquettes, ce qui finira bien par arriver. Inéluctablement. Ensuite, on a envie de dire bravo. Bravo à Rafael Nadal, qui s’est qualifié pour sa douzième finale aux Internationaux de France en même temps qu’il a prolongé son invincibilité en demie sur la terre battue parisienne et face à Roger Federer (six victoires). Une victoire en trois sets qui a rappelé combien l’Ibère avait réponse à tout et constituait un problème insoluble pour Rodgeur et les autres mortels, surtout quand il joue ainsi (6-3, 6-4, 6-2). Cet obstacle passé, Nadal a désormais rendez-vous avec Novak Djokovic ou Dominic Thiem, dimanche. D’autres têtes connues.

Enfin, chapeau bas à Roger Federer qui, après avoir quatre ans loin de la terre – même s’il a toujours évolué sur une autre planète -, aura réussi un comeback formidable à Roland. Cela ne le consolera pas d’avoir plié face à Rafael Nadal. Mais ça n’aura pas terni son héritage parisien. Loin de là.

Du vent et des tribunes dégarnies

Le 39e duel entre Roger Federer et Rafael Nadal aura débuté dans des conditions que l’on qualifiera de particulières. Parce que les premiers échanges – le premier set, même – se sont déroulés au cœur d’un court Philippe-Chatrier bien dégarni, et pas seulement ses loges… Surtout, le Suisse et l’Espagnol ont dû faire face aux fortes bourrasques de vent qui n’ont cessé de balayer la terre battue parisienne, gênant ostensiblement les deux acteurs.

Dans ces conditions compliquées, qui ont duré tout au long de la partie, Federer et Nadal n’ont pas démérité. Et c’est le moins que l’on puisse dire. Dès le premier jeu, long de huit minutes, Nadal a dû défendre sa mise en jeu corps et âme, sauvant au passage une première balle de break grâce à une bonne deuxième. Roger Federer n’a pas eu autant de réussite sur le jeu d’après puisqu’il a dû céder son service et, déjà, se retrouver dans le siège du passager (2-0).

S’il a offert quelques points “gratuits” à Rafa en cédant sur son coup droit, le Suisse a vite repris son destin en main, en même temps qu’il prenait la mise en jeu de Nadal (3-2). Malheureusement pour lui, l’embellie fut de courte durée. Agressé par son bourreau de Roland, et malgré cinq balles de break sauvés sur un jeu à rallonge, le numéro 3 mondial n’a pu freiner la marche en avant de Nadal qui s’est finalement adjugé la première manche sur un échangé conclu magistralement. Un revers court croisé de toute beauté (6-3).

Federer était condamné à la perfection

Avec le soleil, enfin présent, et le public, enfin arrivé, Roger Federer a mieux démarré la deuxième manche. Il a continué à lutter contre le vent, le lift de Rafael Nadal et sa grinta qui permit d’ailleurs à la tête de série numéro 2 d’effacer le break qu’il avait concédé d’entrée. Le huitième jeu du set, d’un niveau XXL, résuma bien les efforts consentis pour s’accrocher aux basques de l’Espagnol. Il fut, au final, remporté par le maître des lieux, avec notamment une défense fabuleuse avant de conclure (4-4). Sur sa lancée, le Majorquin vint prendre le service de Federer dans la foulée, après avoir concédé les trois premiers points du jeu (6-4). Condamné à la perfection face à Rafa, Roger Federer a plié au pire moment. A l’image de sa première balle, qui a plongé dans le deuxième set (52%).

Déjà plus que compliquée, la mission devint impossible : 222-2, c’était, avant ce match, le bilan de Rafael Nadal lorsqu’il se retrouve avec deux sets d’avance. Une fois, Roger Federer l’avait renversé. C’était à Miami, en 2005. Lors de leur première finale. C’était sur dur, surtout. Sur terre… Le troisième set fut celui de trop pour un Roger Federer qui a perdu pied d’entrée. Il lui valut un avertissement, lié à sa frustration d’avoir laissé filer son service trop vite. Un cavalier seul de Rafael Nadal plus tard, Roger Federer avait rendu les armes. Du moins, Rafael lui avait arrachées des mains. Comme toujours, ici à Roland.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  • 254
    Partages

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :