Football: De la 20e à la 11e place : Sarri – Guardiola, philosophes en quête de titres

TOP 50 – Avant le coup d’envoi des hostilités, la rédaction d’Eurosport a dressé son Top 50 des acteurs du football qui vont faire parler d’eux dans cette saison 2019-2020. Avec, en ligne de mire, un Euro 2020 qui promet. Quatrième volet ce jeudi avec le classement de la 20e à la 11e place. En pagaille : Adrien Rabiot, Pep Guardiola ou Paul Pogba.

20e : Adrien Rabiot

D’enfant prodige à renégat. Voilà le résumé des six derniers mois d’Adrien Rabiot au PSG. Son refus de prolonger au sein de son club formateur fut le clou sur le cercueil de la réputation française du joueur. Pour lui, l’exil semblait la seule option possible. La Juve l’a bien senti et s’est ainsi démenée dans le dossier pour arracher l’élégant milieu. Avec Maurizio Sarri, Rabiot est quasiment promis à une place de titulaire, au point que Blaise Matuidi est annoncé partant. C’est dire les attentes qui entourent le “Duc”. S’il parvient à faire son trou chez la Vieille Dame, nul doute que les remous parisiens des derniers mois seront vite oubliés. Pour les Bleus, en revanche…

19e : Bernardo Silva

Pep Guardiola peut souffler. Si Kevin de Bruyne venait à manquer et avec le déclin relatif de David Silva, le Catalansait qu’il peut compter sur un nouvel architecte pour mettre en place le jeu de Manchester City. La saison passée l’a prouvé, Bernardo Silva est bien un des cadors européens. Son toucher de balle, son intelligence tactique et sa capacité à accélérer le jeu des siens l’a rendu incontournable en Premier League. Mais c’est bien avec le Portugal qu’il devra franchir un cap. Si Cristiano Ronaldo sera évidemment l’arme fatale des champions d’Europe en titre, c’est à lui que reviendra la lourde tâche d’organiser le jeu de la Seleção. Un défi à la hauteur de son élégance.

18e : Hugo Lloris

Sa boulette finale a pu faire oublier à certains à quel point Hugo Lloris a été absolument capital à la conquête mondiale des Bleus en 2018. En 2020, il devra remettre le tablier. Le capitaine tricolore sera, sauf terrible contre-indication, encore de la partie pour devenir l’égal de son sélectionneur, en soulevant, en tant que capitaine de l’Équipe de France, les deux plus grands trophées possibles. Mais, avant cela, il devra surfer sur l’excellente saison réalisée par les siens pour confirmer qu’il fait bien partie des meilleurs portiers actuels. Une catégorie où il a encore trop tendance à être oublié…

17e : Jacques-Henri Eyraud

Le Champions Project est mort et enterré. Cette saison, Marseille va devoir se réinventer et résoudre l’impossible équation : faire mieux avec moins. Plombé par une saison catastrophique, des finances dans le rouge et un propriétaire bien décidé à ne plus jouer les vaches à lait, Jacques-Henri Eyraud est dans un sacré pétrin. Le président de l’OM a joué la carte André Villas-Boas après avoir trop longtemps conservé une confiance aveugle en Rudi Garcia. Un nouvel échec signerait sans doute la fin de son aventure à Marseille. Jusqu’ici, il incarne l’échec du nouveau projet olympien. Cette saison est celle de la dernière chance. A Marseille, la patience n’est pas la qualité la plus répandue. Surtout parmi les supporters de l’OM.

Jacques-Henri Eyraud dans une tribune vide du Vélodrome

Jacques-Henri Eyraud dans une tribune vide du VélodromeGetty Images

16e : Maurizio Sarri

Quel curieux mariage. L’homme au jogging et la mythique Juventus. Le Napolitain Maurizio Sarri et sa cigarette sur le banc turinois, c’est clairement l’image inattendue de l’été. Après une saison éprouvante à Chelsea où le “Sarri-ball” n’a pas convaincu, malgré un titre en Ligue Europa, voilà le passionné face au plus grand défi de sa carrière. Lui qui a toujours été dans la peau d’un outsider devient un favori légitime, armé d’un des plus beaux effectifs d’Europe et avec une idée fixe en tête : permettre à la Vieille Dame de reconquérir une Ligue des champions qui la fuit depuis 1996. Au passage, il devra aussi réenchanter un Juventus Stadium qui a fini par se lasser d’une équipe efficace, tueuse, mais loin d’être enthousiasmante. Et cohabiter avec une star d’un calibre qu’il n’a encore jamais croisé sur sa route : Cristiano Ronaldo. Vaste programme.

15e : Mohamed Salah

Sa saison s’est finie plus tôt que prévu avec l’élimination précoce de l’Egypte dans sa propre CAN, ce qui a eu l’effet d’un drame national. C’est Jürgen Klopp qui s’en frotte les mains. Car à force, Salah semblait manquer d’essence dans le réservoir. Dans la fantastique saison de Liverpool, il ne fut pas le symbole, éclipsé par un Virgil van Dijk charismatique et impérial. Il ne fut même pas l’arme offensive fatale avec la montée en gamme de Sadio Mané. Mais Salah n’en reste pas moins LA star des Reds. Sa saison doit prouver que son année passée, moins régulière que l’exercice 2017/2018, qu’il a sa place parmi les meilleurs joueurs de la planète. Pour cela, il faudra retrouver du gaz. Et pourquoi ramener, enfin, le club de Mersey au sommet de la Premier League à coups de buts et d’accélérations foudroyantes.

Mohamed Salah

Mohamed SalahGetty Images

14e : Paul Pogba

Où placer Paul Pogba dans ce Top 50 ? S’il devient une pièce essentielle du nouveau Real de Zidane d’ici le 8 août prochain, il sera à coup sûr l’un des joueurs les plus à suivre de la saison. D’ici là, jusqu’à preuve du contraire, c’est toujours dans le Nord de l’Angleterre qu’il officie. S’il venait à rester Red Devil, il aurait là le moyen de définitivement prouver qu’il est l’un des meilleurs au poste. Et possiblement réenchanter un destin mancunien qu’il n’a pas encore réussi à totalement prendre en main. Histoire d’arriver lancé à l’Euro 2020. En Russie, il fut le Bleu le plus régulier et le leader sur lequel Deschamps a pu compter. Aucun doute que la Pioche remettra ses habits de guide tricolores pour réaliser un doublé qui fait rêver la France entière.

13e : Sadio Mané

Sans cette finale de CAN perdue, Sadio Mané aurait clairement été associé comme l’un des postulants les plus sérieux au Ballon d’Or 2019. Car le facteur X des Reds, ce fut lui la saison passée. Bien plus tueur qu’avant, le Sénégalais aux dribbles dévastateurs a incontestablement franchi un cap. La saison qui s’ouvre doit lui permettre de gagner en épaisseur et en crédit aux yeux de l’opinion footballistique. Pour être admis dans le gratin, il va devoir encore hausser le ton et le niveau à coups de buts et autres gestes décisifs. Histoire de devenir véritablement bankable et, pourquoi pas, à nouveau candidat au plus prestigieux trophée individuel.

12e : Frenkie de Jong

Le mariage a tout pour fonctionner entre l’élégant milieu de terrain néerlandais révélé à l’Ajax et le Barça. Le joueur de 22 ans et son nouveau club partagent la même philosophie de jeu et les préceptes chers au regretté Johan Cruyff. Recruté pour 75 millions d’euros, De Jong a déjà dynamisé l’entrejeu blaugrana pour ses premières sorties grâce à son jeu en première intention, sa science de la passe et ses déplacements sans ballon. Sa polyvalence – il peut être aligné en sentinelle devant la défense ou en relayeur – et sa personnalité – confiant, le Batave semble imperturbable – sont deux autres atouts qu’il mettra au service d’un club où il va prendre la lumière comme jamais. Ça tombe bien, De Jong a le talent et le caractère pour relever le défi. Més que un espoir, un diamant que le Barça va polir.

Frenkie de Jong

Frenkie de JongGetty Images

11e : Pep Guardiola

Circulez, il n’y a rien à voir. Ou presque. Comme chaque année depuis 2009, à l’exception de 2012/2013, qui reste sa seule année sabbatique, Pep Guardiola va évidemment faire l’année foot. Premier entraîneur à réussir à garder son titre de Premier League depuis dix ans, le Catalan est cependant dans une position paradoxale. Ses titres nationaux ne peuvent cacher les limites de ses Citizens sur la plus belle des scènes européennes : la Ligue des champions. Guardiola n’a pas changé, sa philosophie non plus, mais ces deux continuent de buter inlassablement sur la marche C1.

Parfois au prix de scénarii déroutants mais franchement emballants. Dans un football qui prône l’efficacité au détriment de la beauté, il est l’un des derniers Mohicans à savoir où se placer. Gagner oui. Mais pas n’importe comment. Un jusqu’au boutisme salvateur pour le jeu mais qui pourrait finalement se retourner contre lui. Car les chiffres, eux, ne connaissent pas les sentiments : Guardiola n’a plus emmené une équipe depuis la finale de 2011, remportée avec le FC Barcelone à Wembley. Malgré des investissements massifs, City n’a pas encore la clé de la Ligue des champions. Une déception de plus et les sentiments pourraient changer radicalement. La beauté du sport. Sa malédiction aussi.

Source: Eurosport

Pep Guardiola

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