Pékin menace « de manière informelle » de suspendre sa coopération policière avec la France

La Chine pourrait-elle rompre unilatéralement la coopération avec la France en matière de sécurité ? C’est du moins ce qu’a avancé une source diplomatique auprès du « Monde ». L’annonce n’est cependant pas officielle et a été exprimée « de manière informelle ». Cette décision pourrait trouver son origine dans l’octroi de l’asile politique à l’épouse de l’ancien patron chinois d’Interpol, poursuivi pour corruption.

La Chine a menacé « de manière informelle » de suspendre sa coopération policière avec la France en réponse à l’octroi de l’asile politique à l’épouse de l’ancien patron chinois d’Interpol, poursuivi pour corruption dans son pays, a-t-on appris ce lundi 5 août de source proche du dossier.

Vers la fin de la coopération Chine/France en matière de sécurité ?

Selon Le Monde qui a révélé l’information et s’appuie sur une source diplomatique, la Chine a indiqué fin juillet, via l’attaché de sécurité intérieure de l’ambassade de France à Pékin, qu’elle rompait unilatéralement toute coopération avec l’État français en matière de police, en signe de protestation.

« Il n’y a pas eu de demande officielle de suspendre la coopération, mais un souhait exprimé de manière informelle », a nuancé auprès de l’AFP la source proche du dossier.

L’asile octroyé à l’épouse de l’ex-chef d’Interpol en question

La rocambolesque « disparition » de Meng Hongwei en septembre avait défrayé la chronique, le patron d’Interpol n’ayant pas donné de nouvelles après avoir quitté Lyon, où l’organisation policière internationale a son siège. Au bout d’une dizaine de jours, Pékin avait annoncé qu’il était rentré en Chine où il avait été placé en détention.

L’asile politique en France a, depuis, été accordé à son épouse Grace Meng le 2 mai, avait indiqué à l’AFP son avocat Emmanuel Marsigny. Craignant pour sa sécurité, elle et ses deux enfants font l’objet d’une protection policière depuis une tentative d’enlèvement pour laquelle elle avait déposé plainte au début de l’année.

Le ministère de l’Intérieur, sollicité par l’AFP, n’a pas souhaité faire de commentaires sur la décision d’accorder l’asile à Grace Meng, rappelant qu’il « n’a pas mandat pour influer sur la décision de l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides), un organisme indépendant ».

Des discussions « toujours en cours »

Les discussions avec Pékin pour expliquer la procédure d’asile en France « sont toujours en cours » et « le dialogue est continu », selon la source proche. Les autorités chinoises n’avaient pas réagi dans l’immédiat.

Jugé en juin en Chine, l’ex-patron d’Interpol a plaidé coupable d’avoir accepté 14,46 millions de yuans (1,86 million d’euros) de pots-de-vin. La décision du tribunal n’a pas encore été rendue.

Grace Meng a indiqué début juillet avoir déposé un recours devant la Cour permanente d’arbitrage (CPA) de La Haye, pour tenter de faire reconnaître une « complicité » d’Interpol dans l’arrestation de son mari.

Source: https://www.ouest-france.fr/

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