Pourquoi Facebook écoutait des conversations personnelles sur Messenger

Facebook a indiqué auprès de Bloomberg avoir procédé à des écoutes ponctuelles de conversations personnelles sur Messenger, son application de messagerie mobile.

Facebook a une nouvelle fois été pris la main dans le sac. Dans un communiqué transmis à Bloomberg, l’entreprise de Mark Zuckerberg reconnaît avoir fait transcrire des échantillons audio envoyés via son application de messagerie mobile, Messenger.

La raison invoquée: améliorer des produits du réseau social, telle que la transcription automatique des enregistrements sonores. Messenger propose en effet d’activer une dictée pour les messages vocaux envoyés dans une discussion. En appuyant longuement sur un tel message, l’utilisateur de l’application peut en voir apparaître une version écrite. La possibilité d’enrichir son projet d’assistant vocal n’a, elle, pas été abordée. 

Un arrêt temporaire des écoutes

Pour améliorer cet outil de retranscription automatique, Facebook a employé des centaines de sous-traitants. Ces derniers avaient affaire à des échantillons anonymisés, ne donnant donc aucun indice sur l’identité des interlocuteurs. L’entreprise indique avoir sollicité l’autorisation des usagers pour recueillir de tels échantillons. 

La réponse officielle de Facebook reste pour le moins lapidaire. Cette fois-ci, pas d’excuses officielles, devenues systématiques après chaque révélation sur sa tendance à exploiter les données personnelles de façon pour le moins abusive. Le groupe indique simplement avoir mis un terme à ces écoutes humaines depuis plus d’une semaine. Auprès de Bloomberg, les sous-traitants en question indiquaient ne pas avoir été informés de l’origine des enregistrements de conversations, ni des usages qui pouvaient en être faits à terme.

Une intelligence bien artificielle

Ces révélations sur les écoutes ponctuelles menées par Facebook font écho à des propos tenus par Mark Zuckerberg en avril 2018, devant le Congrès américain. Auditionné à l’époque à la suite de l’affaire Cambridge Analytica, le PDG du premier réseau social au monde avait balayé d’un revers de main l’idée d’écoutes des utilisateurs de Facebook à des fins publicitaires.

“Vous parlez d’une théorie du complot qui circule affirmant que nous écoutons ce qui se passe dans votre micro et que nous l’utilisons pour de la pub. “Nous ne faisons pas ça”, avait-il alors maintenu, en se gardant d’évoquer des écoutes pour améliorer la dictée sur Messenger. Par la suite, Facebook avait précisé n’accéder au microphone d’un usager que si ce dernier en donnait son autorisation explicite.

Tour à tour, de grands noms du Web ont avoué ces derniers mois avoir eu recours à de telles écoutes de leurs utilisateurs pour améliorer leurs services respectifs. Amazon, Apple et Google les ont ainsi légitimées par l’amélioration de leurs assistants vocaux, Alexa, Siri et Google Assistant. Apple et Google ont néanmoins annoncé suspendre temporairement ces mêmes écoutes. Plus récemment, Microsoft a admis avoir fait écouter à des sous-traitants certains extraits de conversation audio sur Skype, pour améliorer son outil de traduction automatique. Car, aussi intelligente soit-elle, l’intelligence artificielle a encore besoin de petites mains humaines pour fonctionner. 

Source: BFMTV

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