TENNIS: 32 tentatives, 3 opérations au coude : le miracle Andujar se dresse devant Monfils

US OPEN – Miné par un coude récalcitrant qui lui a fait subir trois opérations en un an, Pablo Andujar est un miraculé du tennis. Redescendu au-delà du 600e rang mondial en février 2018, il a lentement remonté la pente de la guérison. Pour sa 32e participation, l’Espagnol a enfin rallié la deuxième semaine d’un Grand Chelem. Ce sera lundi face à Gaël Monfils.

Trois opérations au coude, un classement qui s’effondre, une confiance en miettes : beaucoup auraient sans doute abandonné, tout envoyé valser par frustration et désespoir. Pablo Andujar a tenu. Le 70e mondial, qui va affronter Gaël Monfils pour son premier huitième de finale en Grand Chelem, est un relatif inconnu du grand public. Mais son histoire va au-delà de celle d’un joueur qui passe en deuxième semaine pour la première fois.

Car l’histoire de Pablo Andujar est celle d’une rédemption. La faute à un coude insoumis et pernicieux qui l’oblige à passer sur le billard. Résultat : trois opérations entre mars 2016 et avril 2017. Andujar ne voit pas le bout, jusqu’à un changement de médecin.

” Si ça ne passe pas bien, je prends ma retraite”

“Quand j’ai pris la décision de subir la troisième opération, je me suis dit, à moi-même et à mon épouse : ‘Si ça ne se passe pas bien, je prends ma retraite. C’est trop de temps à essayer tous les mois avec les physios, avec les médecins. Cela n’aide pas, cela ne s’améliore pas. C’est donc ma dernière chance”. Finalement, la troisième est la bonne. Un nouveau médecin modifie l’influx nerveux de son coude, le rendant moins stressé quant à son utilisation. “C’était différent. D’une certaine manière, j’avais de l’espoir. Je me suis dit : ‘Lui, il me dit quelque chose de différent. J’ai tenté de le croire, et ça a marché.’”, explique l’Espagnol.

Andujar travaille beaucoup en salle de sport, s’éloigne des circuits et crée sa vie de famille : un mariage et un enfant qui lui font relativiser sa cascade de blessures. “Ça m’a aidé car ça m’a fait prendre du recul et me rendre compte que le tennis n’était pas toute ma vie.” La remontée s’enclenche alors.

Première étape : Alicante, en avril 2018. Sur le Challenger de son idole Juan Carlos Ferrero, Andujar sort Munar, Cecchinato, puis De Minaur en finale. Indifférence pour le grand public, pas de géant pour lui. “Le déclic s’est passé à Alicante. La semaine suivante, ça m’a donné confiance pour rallier la finale et gagner à Marrakech. Ça m’a permis de reprendre confiance en moi.”Andujar revient alors de très loin : classé 598e mondial, il devient le vainqueur le plus mal classé dans un tournoi du circuit depuis Lleyton Hewitt à Adelaide en 1998 (550e).

32 participations en Grand Chelem depuis 2006

Libéré de son bras, le terrien se balade sur les Challengers de terre battue (Florence et Buenos Aires en 2018, Barcelone, Alicante et Prostejov en 2019). Jusqu’à cet US Open, son 32e Grand Chelem, à 33 ans. Habitué de la première semaine, il a toujours vu la deuxième au-dessus du mur, bloqué au troisième tour. C’est désormais de l’histoire ancienne. Edmund, Sonego puis une démonstration face à Bublik pour un premier huitième.

“Il est bon. Il a joué un grand tennis, l’a félicité Bublik après le match. Il m’a dominé dans tous les compartiments du jeu. Il a tout renvoyé, a été très solide et a réalisé des beaux passings.” Lui n’en revenait pas. “Sur la balle de match, je n’arrivais à me rendre compte de ce que j’avais fait. J’ai essayé d’être concentré. Cette victoire, c’est pour ma famille, mon team et les docteurs qui m’ont aidé pendant cette période où je n’ai pas joué.”, explique Andujar.

Le voici propulsé pour le match de sa vie : huitième de finale à Flushing Meadows, New York, le showman Monfils en face. Pour un match teinté d’émotion entre deux connaissances. « C’est un mec fabuleux, un guerrier. On se connait depuis tout jeunes. Il a eu pas mal de problèmes physiques et il a su revenir au plus haut niveau avec une force mentale incroyable. Je m’attends à un match de fond de court, qui va aller dans les rallyes. Il sait que j’ai fait cinq sets (face à Shapovalov) donc il va pousser les rallyes », précise Monfils.

L’obstacle parait immense, mais Andujar revient de trop loin pour se mettre une pression inutile. “Pour la fin de ma carrière, je veux juste être en forme et prendre du plaisir. Les classements ne m’importent plus.” L’hypothèse d’une défaite face au 13e mondial est réelle, mais disputer ce match à 33 ans avec ce parcours tumultueux est déjà sa plus belle victoire.

Source: Eurosport

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